Guatemala 2014

: La Mesilla

Après un arrêt pour réfléchir à Comitán, je prends la route pour Cuauhtémoc, que je pensais être au Guatemala, mais en fait c’est juste à la frontière. J’en profite pour faire mon tampon de sortie du territoire mexicain, indispensable selon le taxi. Une fois donné mon passeport à l’antipathique douanier, il me demande le papier d’entrée sur le territoire. J’étais persuadé qu’il était dans le passeport, je l’avais vérifié une heure avant, à moins de l’avoir perdu dans le bus, à moins que ce douanier ne veuille juste se faire 300 pesos facilement. De toutes façons je n’ai d’autre choix que de payer. Merci connard.

Le taxi me dépose à la frontière guatémaltèque, avant d’entrer comme ça dans le payer sans frapper je cherche quand le bureau d’immigration, l’ambiance y est toute autre, décontractée, souriante et une musique exotique et dansante egaye l’atmosphère. Il aurait pu ajouter un « Bienvenue » mais non, sympathique quand même.

Une fois la barrière passée, je me rappelle celle d’Israël pour aller en Egypte, à Taba. Cette impression d’arriver dans une ambiance, un monde totalement différents juste en traversant une ligne. Pour sûr le pays est bien plus pauvre.

Impossible de passer inaperçu, un peu comme si tout le monde se disait « ah tiens un touriste est en ville », je suppose que j’étais bien le seul à ce moment-là. Les gens me dévisageaient vraiment, ceux qui m’ avaient entre-aperçu en passant se retournaient pour bien voir le phénomène. Je n’avais vraiment pas ressenti ça au Mexique, peut-être en certains endroits mais bien peu.

Bon je suis quand même bien embêté, je ne connais rien au Guatemala à part la capitale, enfin, je sais qu’ils ont une capitale et je suppose que ce doit être un endroit où aller, et Tikal, un site maya au nord. Je commence par retirer des Quetzals (monnaie locale), ça me permettra déjà de manger, prendre une chambre, un van, un taxi, aller sur internet. Oui c’est pratique l’argent quand même. Et en fait je commence par discuter avec une fille dans la rue. Je lui explique avec une touche d’humour que je ne sais pas trop quoi faire ici et que je ne connais rien à son pays. Elle me fait des suggestions, m’aiguille un peu. La discussion était plutôt cocasse et notre entrevue des plus simples et détendues. Nous concluons sur le fait que je devrais prendre un taxi qui m’indiquera un hôtel bon marché, ce que je fis et le taxi aussi. Il a probablement du m’emmener dans l’hôtel le moins cher de la ville.

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La chambre est à 25 Quetzals (2,50€ – j’aime les taux de change faciles à calculer comme ça), des baños qui font offices de toilettes et des baños avec de l’eau propre pour se laver les dents, que je ne suis pas sûr d’avoir trouvé, à moins qu’il ne s’agissait de cette grande cuve remplie d’eau qui semblait transparente. J’ai préféré filer au plus vite le lendemain pour me trouver un hôtel plus cher avec eau chaude et internet, un hôtel de luxe quoi en comparaison. Il faut dire aussi qu’il n’y avait pas de fenêtre, un gros trou rectangulaire mais pas de fenêtre, du coup la fumée d’un voisin qui faisait un feu pour un barbecue entre-autres entrait dans ma chambre. Je suis allé me trouver de quoi me nourrir dans un comedor pas loin et fait un petit tour de ville avant de me coucher très tôt, vers 21h. J’écoute les radios locales avant de m’endormir et me rends compte que je ne suis pas à la bonne heure, enfin ça dépend des jingles sur la même fréquence, je préfère reporter cette reflexion au lendemain.

: La Mesilla -> Huehuetenango

J’ai eu beau me coucher bien tôt, je ne me suis pas levé à l’aube et j’ai presque très bien dormi. Je me suis levé à 9h, enfin 8h je crois. J’ai filé me renseigner pour quitter cette petite ville frontalière où je ne vois pas l’intérêt de rester, pour qu’on me dise que j’avais le temps de petit-déjeuner avant le départ du bus.

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La veille j’étais allé voir sur internet les sites touristiques intéressants du Guatemala, je me suis même dessiné une petite carte sur mon calepin, il y a l’air d’y avoir foule de sites magnifiques, mayas, coloniaux, des volcans et des lacs… je me suis décidé de commencer par Quetzaltenango.

De retour au teminal de bus, le chavo (jeune homme) au guichet me dit que la route est « bloquée » (je comprends mal le verbe qu’il emploie), je lui demande à quel endroit, il me montre une route principale traversant le Guatemala, je suppose qu’il m’a mal compris, borf. Il m’explique que le bus ne partira pas avant 8h du soir. Je reprends le chemin du centre et me décide à prendre le premier van qui passe, je n’ai pas envie de passer plusieurs autres heures dans cette ville qui commence à m’ennuyer, j’ai l’impression d’en faire le tour toutes les 10 minutes.

Donc j’en attrape un demande où il va et sans connaître sa destination monte dedans. Les paysages sont vraiment magnifiques, de grandes vallées de jungle, le Rio coulant au fond. La qualité de la route n’est pas si horrible mais comme c’est de la route de montagne il vaut mieux éviter d’estimer les distances à vol d’oiseau sur google map. Dans la plupart des bus ou colectivos, comme celà peut être le cas aussi au Mexique, il y a le chauffeur et un chavo qui se charge d’appeler les gens sur la route, gérer un peu les arrêts, faire payer les gens. Au bout d’un petit moment il me demande où je m’arrête, je lui réponds Huehuetenango, une ville qui me semblait un peu grosse, ils me déposent alors à un gros croisement d’où j’attendis un bus. Il arriva en moins de vingt minutes, très joliment décoré ou du moins, très décoré. Au bout d’un certain moment nous nous arrêtons en plein milieu de la route, une file de voitures et de bus devant nous.

Peu de temps se passa avant que tout le monde ne sorte du bus voir ce qui se passait. Je me renseigne auprès d’une jeune fille, Eleida; il y a une manifestation. La route est bloquée. Certains décident de passer à pied. D’autres reprennent le bus qui fait demi-tour et rebrousse chemin. Avec le sourire une dame nous dit qu’elle ne pourra pas aller travailler aujourd’hui, qu’on peut essayer de passer, mais que quelqu’un l’a tenté plus tôt dans la matinée, s’est fait bousculer par les manifestants, est tombé la tête sur le bord du trottoir et mourut sur le coup. Elle ajoute que de toutes façons elle a mal au pied pour se lancer dans une marche. Avec Eleida nous décidons de tenter de traverser le barrage, du moins s’en approcher pour voir. Des gens passent, nous suivons, tout se passe bien, nous passons le pont. Comme la pauvre petite était surchargée je lui ai vite proposé de l’aider à porter un gros sac bien lourd. Une idée qui m’aura valu de me retrouver bien fourbu encore aujourd’hui (le lendemain). Nous faisons une pause au bout du pont ou plutôt viaduc parce qu’il était assez long quand même, et elle m’offre un coca. Au bout d’un moment nous décidons de reprendre la route.

Les gens me regardent bizarrement en chemin, me fixent même, mais pas méchamment, plutôt avec un sourire moqueur, certains me/nous lancent un « buenas tardes » tandis que d’autres murmurent quelque-chose dans leur dialecte en pouffant. En en discutant avec Eleida, la plupart doivent penser que je suis gringo, peut-être aussi que ça devait bien les faire rigoler de me voir en sueur et tout rouge.

Régulièrement, nous demandons combien de temps de marche il faut pour trouver des bus, la fin du barrage, on nous répond régulièrement une heure. Après deux ou trois heures de marches en montagnes, trois ou quatre barrages et d’innombrables pauses le tout sous un soleil piquant, nous arrivons finalement à un pick-up qui nous propose de nous déposer à Huehuetenango, Huehue comme ils disent, « ouéoué », hihihi. En fait ce n’était pas une question de distance, il était prévu que la manifestation cesse à 16h. On peut dire qu’on a marché pour rien mais d’un autre côté, même si j’en ai bien bavé, mais bien apprécié cette premenade, ce genre d’exode à double-sens. J’ai pu prendre le temps d’observer les magnifiques paysages, de discuter brièvement avec nos compagnons dans la même galère que nous. Bon, n’empêche que les ampoules sont revenues sous mes pieds.

Le pick-up nous amène donc à Huehuetenango, avec Eledia nos chemins se séparent, elle continue le sien vers la capitale rejoindre sa famille et moi à la recherche d’un hôtel presque de luxe. Je prends un bus pour le centre, une fois passé le marché, voyant une église vieillote je suppose que je peux trouver un hôtel pas loin. Je tombe sur l’hôtel victoria à 110q (11€) la nuit, sdb individuelle, eau chaude, internet, le grand luxe quoi.

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Le soir tombe vite, il fait nuit noire vers 19h. Je me trouve un endroit pour manger, fait quelques petits tours de ville. Le Zocalo est sympa, les ruelles du marché aussi.

: Huehuetenango -> Quetzaltenango

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Quelques tacos, je raconte vous raconte toutes mes histoires sur internet, puis je file à Quetzaltenango, du moins je l’espère.