La Visite

DmOn n’était pas des G7Barbe-Bleue,

CNi des pelés, ni F(7)des galeux,

B♭ Porteurs de paraA7sites.

On n’était pas des spadassins,
On venait du pays voisin,
On venait en visite.

On n’avait aucune intention,
De razzia, de déprédation,
Aucun but illicite.

On venait pas piller chez eux,
On venait pas gober leurs œufs,
On venait en visite.

On poussait pas des cris d’Indiens,
On avançait avec maintien,
Et d’un pas qui hésite.

On braquait pas des revolvers,
On arrivait les bras ouverts,
On venait en visite.

Mais ils sont rentrés dans leurs trous,
Mais ils ont poussé les verrous,
Dans un accord tacite.

Ils ont fermé les contrevents,
Caché les femmes, les enfants,
Refusé la visite.

On venait pas les sermonner,
Tenter de les endoctriner,
Pas leur prendre leur site.

On venait leur dire en passant,
Un petit bonjour innocent,
On venait en visite.

On venait pour se présenter,
On venait pour les fréquenter,
Pour qu’ils nous plébiscitent,

Dans l’espérance d’être admis,
Et naturalisés amis,
On venait en visite.

Par malchance, ils n’ont pas voulu,
De notre amitié superflue,
Que rien ne nécessite.

Et l’on a refermé nos mains,
Et l’on a rebroussé chemin,
Suspendu la visite

Le Vieux Léon

Y’a tout à B♭ml’heur’

Quinze ans d’malF#heur

G#7Mon vieux LéC#on

G#mQue tu es parB♭7ti

E♭mAu paraB♭mdis

D’l’acF#7cordéC7on

F(7) Parti bon B♭mtrain

Voir si l’basF#trin-

gue etG#7 la jaC#va

G#mAvaient garB♭7

E♭mDroit de ciB♭m

F(7)Chez JéhoB♭mvah

F7Quinze ans bienB♭mtôt

Qu’G#7musique au C#dos

B♭7Tu t’en alE♭mlais

G#7Mener le C#bal

F#7A l’amiB7cal’

Des feux folC7lets

F7En cet aB♭msile

G#7Par saint’ CéC#cile

B♭7Pardonne-E♭mnous

G#7De n’avoir C#pas

F#Su faire B7cas

F7De ton biB♭mniou.

C’est une erreur
Mais les joueurs
D’accordéon
Au grand jamais
On ne les met
Au Panthéon

Mon vieux tu as dû
T’contenter du
Champ de navets,
Sans grandes pom-
pe’ et sans pompons
Et sans ave

Mais les copains
Suivaient l’sapin
Le coeur serré
En rigolant
Pour fair’ semblant
De n’pas pleurer

Et dans nos coeurs
Pauvre joueur
D’accordéon
Il fait ma foi
Beaucoup moins froid
Qu’au Panthéon.

Depuis mon vieux
Qu’au fond des cieux
Tu as fait ton trou
Il a coulé
De l’eau sous les
Ponts de chez nous.

Les bons enfants
D’la rue de Van-
ve à la Gaîté
L’un comme l’au-
tre au gré des flots
Fur’nt emportés

Mais aucun d’eux
N’a fait fi de
Son temps jadis
Tous sont restés
Du parti des
Myosotis

Tous ces pierrots
Ont le coeur gros
Mon vieux Léon
En entendant
Le moindre chant
D’accordéon.

Quel temps fait-il
Chez les gentils
De l’au-delà
Les musiciens
Ont-ils enfin
Trouvé le la

Et le p’tit bleu
Est-c’que ça n’le
Rend pas meilleur
D’être servi
Au sein des vi-
gnes’ du Seigneur

Si d’temps en temps
Un’ dam’ d’antan
S’laisse embrasser
Sûr’ment papa
Que tu r’grett’s pas
D’être passé

Et si l’bon Dieu
Aim’ tant soit peu
L’accordéon
Au firmament
Tu t’plais sûr’ment
Mon vieux Léon.

Trompe la Mort

BmAvec cette neigeD à foiEson,

G Qui coiffe, coiffe ma toisoF#7n,

Bm On peut me croire à vue de nez,

Blanchi sous A7le harDnaisF#7

Eh bien, Mesdames et Messieurs,
C’est rien que de la poudre aux yeux,
C’est rien que de la comédie,

Que F#7de la parodBmie (B7)

EmC’est pour tenter de couper A7court,

D A l’avance du temps qui B7court,

Em De persuader ce vieux gouA7jat,

Que Dtout le mal est B7fait déjà

EmMais dessous la perruque A7j’ai

D Mes vrais cheveux couleur de jais,

B7 C’est pas demain la Eveille, bon Dieu !

Em De F#7mes aBmdieux

Et si j’ai l’air moins guilleret,
Moins solide sur mes jarrets,
Si je chemine avec lenteur,
D’un train de sénateur

N’allez pas dire « Il est perclus »,
N’allez pas dire « Il n’en peut plus »,
C’est rien que de la comédie,
Que de la parodie

Histoire d’endormir le temps,
Calculateur impénitent,
De tout brouiller, tout embrouiller,
Dans le fatidique sablier

En fait, à l’envers du décor,
Comme à vingt ans, je trotte encore,
C’est pas demain la veille, bon Dieu,
De mes adieux

Et si mon cœur bat moins souvent,
Et moins vite qu’auparavant,
Si je chasse avec moins de zèle,
Les gentes demoiselles

Pensez pas que je sois blasé,
De leurs caresses, leurs baisers,
C’est rien que de la comédie,
Que de la parodie

Pour convaincre le temps berné,
Qu’mes fêtes galantes sont terminées,
Que je me retire en coulisse,
Que je n’entrerai plus en lice

Mais je reste un sacré gaillard,
Toujours actif, toujours paillard,
C’est pas demain la veille, bon Dieu,
De mes adieux

Et si jamais au cimetière,
Un de ces quatre, on porte en terre,
Me ressemblant à s’y tromper,
Un genre de macchabée

N’allez pas noyer le souffleur,
En lâchant la bonde à vos pleurs,
Ce sera rien que comédie,
Rien que fausse sortie

Et puis, coup de théâtre, quand,
Le temps aura levé le camp,
Estimant que la farce est jouée,
Moi tout heureux, tout enjoué

Je m’exhumerai du caveau,
Pour saluer sous les bravos,
C’est pas demain la veille, bon Dieu,
De mes adieux

Si seulement elle était jolie

Si seuleEment elle était joli(EΔ)e

Je di(E7)rais: « tout n’est pas per(EΔ)du.

Elle est Efolle, c’est entendu,

Mais quelle G#7beauté accomplie! »

HélasC#m elle est plus laide bientôt

Que les sept G#7péchés capiC#mtaux,

Que les F#7sept péchés B7 capiEtaux.

Si seulement elle avait des formes,
Je dirais: « tout n’est pas perdu,
Elle est moche c’est entendu,
Mais c’est Venus copie conforme. »

Malheureusement, c’est désolant,
C’est le vrai squelette ambulant.(bis)

Si seulement elle était gentille,
Je dirais: « tout n’est pas perdu,
Elle est plate c’est entendu,
mais c’est la meilleure des filles. »

Malheureusement c’est un chameau,
Un succube, tranchons le mot.(bis)

Si elle était intelligente,
Je dirais: « tout n’est pas perdu,
Elle est vache, c’est entendu,
Mais c’est une femme savante. »

Malheureusement elle est très bête
Et tout à fait analphabète.(bis)

Si seulement l’était cuisinière,
Je dirais: « tout n’est pas perdu,
Elle est sotte, c’est entendu,
Mais quelle artiste culinaire! »

Malheureusement sa chère m’a
Pour toujours gâté l’estomac.(bis)

Si seulement elle était fidèle,
Je dirais : »tout n’est pas perdu,
Elle m’empoisonne, c’est entendu,
Mais c’est une épouse modèle. »

Malheureusement elle est, papa,
Folle d’un cul qu’elle n’a pas!(bis)

Si seulement l’était moribonde,
Je dirais: « tout n’est pas perdu,
Elle me trompe c’est entendu,
Mais elle va quitter le monde. »

Malheureusement jamais elle tousse:
Elle nous enterrera tous.(bis)

S’faire enculer

La Dlune s’attrisF#7tait.

On comprend sa trisBmtesse

On Dtapait plus deF#7dans.

Elle s’demandait quandBm est-ce

E7 Qu’on va s’rappeler de A7m’encuDler ?

Dans mon affreux jargon,
Carence inexplicable,
Brillait par son absence
Un des pires vocables
C’est : « enculé ». Lacune comblée.

Lâcher ce terme bas,
Dieu sait ce qu’il m’en coûte,
La chose ne me gêne pas
Mais le mot me dégoûte,
J’suis désolé d’dire enculé.

Oui mais depuis qu’Adam
Se fit charmer par Eve
L’éternel féminin
Nous emmerde et je rêve
Parfois d’aller m’faire enculer.

Sous les coups de boutoir
Des ligues féministes
La moitié des messieurs
Brûle d’être onaniste,
L’autre d’aller s’faire enculer.

A force d’être en butte
Au tir des suffragettes
En son for intérieur
Chacun de nous projette
D’hélas aller s’faire enculer.

Quand on veut les trousser,
On est un phallocrate,
Quand on ne le veut point,
Un émule de Socrate,
Reste d’aller s’faire enculer.

Qu’espèrent en coassant
Des légions de grenouilles ?
Que le royaume de France
Enfin tombe en quenouille,
Qu’on coure aller s’faire enculer ?

Y a beaux jours que c’est fait
Devant ces tyrannettes,
On danse comme des pantins,
Comme des marionnettes
Au lieu d’aller s’faire enculer.

Pompadour, Montespan,
La Vallière et j’en passe
Talonnèrent le roi
Qui marchait tête basse
Souhaitant aller s’faire enculer.

A de rares exceptions,
Nom d’un chien, ce sont elles
Qui toujours mine de rien
Déclenchent la bagatelle ;
Il faut aller s’faire enculer.

Oui la plupart du temps
Sans aucune équivoque
En tortillant du cul
Ces dames nous provoquent,
Mieux vaut aller s’faire enculer.

Fatigué de souffrir
Leur long réquisitoire
Ayant en vain cherché
D’autres échappatoires,
Je vais aller m’faire enculer.

D’à partir de ce soir
Cessant d’croquer la pomme
J’embarque pour Cythère
En passant par Sodome,
Afin d’aller m’faire enculer.

Afin qu’aucune de vous
Mesdames n’imagine
Que j’ai du parti pris,
Que je suis misogyne,
Avant d’aller m’faire enculer,

J’avoue publiquement
Que vous êtes nos égales,
Qu’il faut valider ça
Dans une formule légale,
J’suis enculé mais régulier.

En vertu d’quel pouvoir,
Injustes que nous sommes,
Vous refuse-t-on les droits
Que l’on accorde aux hommes,
Comme d’aller s’faire enculer.

La Rose, la Bouteille et la Poignée de Main

{intro :}AmE[x4]

FCette rose avait E7glissé de

La A7gerbe qu’un héDros gâteux,

Dm(7) Portée au G7monument aux CMorts.

FComme tous les gens E7levaient leurs

A7Yeux pour voir hisser Dles couleurs,

F(7)Je la reE7cueillis sans reAmmords.

AmEt je repris ma route et m’en alClai quérir,

FAu p’tit boEm7nheur la A7chance,Dm un corsage E7à fleurir.

AmCar c’est une des pires perversiCons qui soient,

DQue de garder uAmne rose par-B7de_E7vers Amsoi.

FLa première à qui E7je l’offris,

TourAmna la A7tête aDvec mépris,

AmLa deuxiFème G7s’enfuit et Ccourt,

AmEncore Fen criG7ant « Au seCcours ! »

FSi la troisième E7m’a donné,

Un A7coup d’ombrelle Dsur le nez,

DLa quatriCème, Bc’est plus méAmchant,

DSe mit Cen quêBte d’un aAmgent.

FCar, aujourd’hui, c’est E7saugrenu,

SansA7 être louche, on Dne peut pas

Dm(7)Fleurir de G7belles inCconnues.

FOn est tombé G7bien bas, Cbien bas.

Et Fce pauvre peE7tit bouton,

De A7rose a fleuri Dle veston

FD’un vague E7chien de comAmmissaire,

B7 QuelE7le miAmsère !

Cette bouteille était tombée
De la soutane d’un abbé,
Sortant de la messe ivre mort.

Une bouteille de vin fin,
Millésimé, béni, divin,
Je la recueillis sans remords.

Et je repris ma route en cherchant, plein d’espoir,
Un brave gosier sec pour m’aider à la boire.
Car c’est une des pires perversions qui soient,
Que de garder du vin béni par-devers soi.

Le premier refusa mon verre,
En me lorgnant d’un œil sévère,
Le deuxième m’a dit, railleur,
De m’en aller cuver ailleurs.

Si le troisième, sans retard,
Au nez m’a jeté le nectar,
Le quatrième, c’est plus méchant,
Se mit en quête, d’un agent.

Car, aujourd’hui, c’est saugrenu,
Sans être louche, on ne peut pas
Trinquer avec des inconnus.
On est tombé bien bas, bien bas…

Avec la bouteille de vin fin,
Millésimé, béni, divin,
Les flics se sont rincés la dalle,
Un vrai scandale !

Cette pauvre poignée de main,
Gisait, oubliée, en chemin,
Par deux amis fâchés à mort.

Quelque peu décontenancée,
Elle était là, dans le fossé.
Je la recueillis sans remords.

Et je repris ma route avec l’intention,
De faire circuler la virile effusion,
Car c’est une des pires perversions qui soient,
Qu’de garder une poignée de main par-devers soi.

Le premier m’a dit: « Fous le camp !
J’aurais peur de salir mes gants. »
Le deuxième, d’un air dévot,
Me donna cent sous, d’ailleurs faux.

Si le troisième, ours mal léché,
Dans ma main tendue a craché,
Le quatrième, c’est plus méchant,
Se mit en quête d’un agent.

Car, aujourd’hui, c’est saugrenu,
Sans être louche, on ne peut pas
Serrer la main des inconnus.
On est tombé bien bas, bien bas…

Et la pauvre poignée de main,
Victime d’un sort inhumain,
Alla terminer sa carrière,
A la fourrière !

Quand les cons sont braves

DSans être tout à fait un imbécileA7 fiDni,

GJe n’ai rien du penseur, du phénix, Emdu géA7nie.

F#7Mais je n’suis pas le mauvais bougre et j’ai bon Bmcœur,

E7 Et ça comA7pense à la riDgueur.

[Refrain :]

Quand les cons sont Abraves
Comme moi, comme toi,
Comme nous, comme vous,

Ce n’est pas très C#7grave.
Qu’ils commettant, se permettent
Des bêtises, des sottises,

Qu’ils déraiF#msonnent,

Ils B7n’emmerdent perE7sonne.

Par malheur sur Aterre
Les trois quarts des tocards
Sont des gens très méchants,

Des crétins secC#7taires.
Ils s’agitent, ils s’excitent,
Ils s’emploient, ils déploient

Leur zèle à la F#mronde,

IlsB7 emmerdent tout l’E7monAde.A7

Si le sieur X était un lampiste ordinaire,
Il vivrait sans histoir’s avec ses congénères.
Mais hélas ! il est chef de parti, l’animal :
Quand il débloque, ça fait mal !

[Refrain]

Si le sieur Z était un jobastre sans grade,
Il laisserait en paix ses pauvres camarades.
Mais il est général, va-t-en-guerr’, matamore.
Dès qu’il s’en mêle, on compt’ les morts.

[Refrain]

Mon Dieu, pardonnez-moi si mon propos vous fâche
En mettant les connards dedans des peaux de vaches,
En mélangeant les genr’s, vous avez fait d’ la terre
Ce qu’elle est : une pétaudière !

[Refrain]

Le Père Noël et la Petite Fille

AmAvec sa hotte G7sur le Cdos,

Avec sa B7hotte sur le E(7)dos,

Il s’en veAmnait d’ElG7doraCdo,

Il s’en veB7nait d’EldoraE(7)do,

Il avait une barbe Fblanche,

Il avait B7nom « Papa GâE7teau »,

AmIl a mis du Cpain sur ta B7planE7che,

AmIl a mis les Cmains sur tes Fhan_E7an_Amches.

Il t’a prom’née dans un landau, [bis]
En route pour la vie d’château, [bis]
La belle vie dorée sur tranche,
Il te l’offrit sur un plateau.

Il a mis du grain dans ta grange,
Il a mis les mains sur tes hanches.

Toi qui n’avais rien sur le dos, [bis]
Il t’a couverte de manteaux, [bis]
Il t’a vêtue comme un dimanche,
Tu n’auras pas froid de sitôt.

Il a mis l’hermine à ta manche,
Il a mis les mains sur tes hanches.

Tous les camées, tous les émaux, [bis]
Il les fit pendre à tes rameaux, [bis]
Il fit rouler en avalanches,
Perles et rubis dans tes sabots.

Il a mis de l’or à ta branche,
Il a mis les mains sur tes hanches.

Tire la belle, tire le rideau, [bis]
Sur tes misères de tantôt, [bis]
Et qu’au-dehors il pleuve, il vente,
Le mauvais temps n’est plus ton lot,

Le joli temps des coudées franches…
On a mis les mains sur tes hanches.

Les Patriotes

{intro :}G7CE7Am[x2]G7

Les Cinvalides chez nous, l’reE7vers de leur médaille,

C’est Ampas d’être hors d’état de suivre les G7filles, cré nom de Cnom,

Mais de ne plus pouvoir retournerE7 au champ de bataille,

Le Amrameau d’olivier n’est pas noE7tre symbole, Cnon !

G7CE7AmG7

Ce que par dessus tout, nos aveugles déplorent,
C’est pas d’être hors d’état d’se rincer l’œil, cré nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir lorgner le drapeau tricolore,
La ligne bleu des Vosges sera toujours notre horizon.

Et les sourds de chez nous, s’ils sont mélancoliques,
C’est pas d’être hors d’état d’ouïr les sirènes, cré nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir, entendre au défilé d’la clique,
Les échos du tambour de la trompette et du clairon.

Et les muets d’chez nous, c’qui les met mal à l’aise,
C’est pas d’être hors d’état d’conter fleurette, cré nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir reprendre en cœur la marseillaise,
Les chansons martiales sont les seules que nous entonnons.

Ce qui de nos manchots, aigrit le caractère,
C’est pas d’être hors d’état d’pincer les fesses, cré nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir faire le salut militaire,
Jamais un bras d’honneur ne sera notre geste. Non !

Les estropiés d’chez nous, ce qui les rend patraques,
C’est pas d’être hors d’état d’courir la gueuse, cré nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir participer à une attaque,
On rêve de Rosalie, la baïonnette, pas de Ninon

C’qui manque aux amputés, de leurs bijoux d’famille,
C’est pas d’être hors d’état d’aimer leur femme, cré nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir sabrer les belles ennemies,
La colombe de la paix, on l’apprête aux petits oignons.

Quant à nos trépassés, s’ils ont tous l’âme en peine,
C’est pas d’être hors d’état d’mourir d’amour, cré nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir se faire occire à la prochaine,
Au monument au morts, chacun rêve d’avoir son nom.

L’Orphelin

F#m+ [2|0|0|2|3|2]

(F#7)Sauf dans le Bmcas fréF#7quent héBmlas,

A7Où ce sont Dde vraisA7 dégueuDlasses

On ne deGvrait perF#7dre jaBmmais,

Ses Bm/G#père et E7mère bien sûr F#7mais

A7A moins d’êtreD un peA7tit maDlin,

Qui meurt a(F#m+)vant d’être orpheF#7/Elin

Ou un inB7fortuné bâEmtard,

Ça nous pend Bmau nezF#7 tôt ou Bmtard.

Quand se drapant dans un linceul,
Ses parents le laissent tout seul,
Le petit orphelin ma fois,
Est bien à plaindre, toutefois,

Sans aller jusqu’à décréter,
Qu’il devient un enfant gâté
Disons que dans son affliction,
Il trouve des compensations.

D’abord au dessert aussitôt,
La meilleure part du gâteau,
Et puis plus d’école pardi,
La semaine aux quatre jeudis.

On le traite comme un pacha,
A sa place on fouette le chat,
Et le trouvant très chic en deuil,
Les filles lui font des clins d’œil.

Il serait par trop saugrenu,
D’énumérer par le menu
Les faveurs et les passe-droits
Qu’en l’occurrence on lui octroie

Tirant même un tel bénéfice,
En perdant leurs parents des fils
Dénaturés regrettent de
N’en avoir à perdre que deux

Hier j’ai dit à un animal,
De flic qui me voulait du mal,
« Je suis orphelin, savez-vous ? »
Il me répondit : « je m’en fous ».

J’aurais eu quarante ans de moins,
Je suis sûr que par les témoins,
La brute aurait été mouchée,
Mais ces lâches n’ont pas bougé.

Aussi mon enfant si tu dois
Être orphelin dépêche toi,
Tant qu’à perdre tes chères parents,
Petit, n’attends pas d’être grand,

L’orphelin d’âge canonique,
Personne ne le plaint bernique !
Et pour tout le monde il demeure,
Orphelin de la onzième heure.

Celui qui a fait cette chanson,
A voulu dire à sa façon,
Que la perte des vieux
Est parfois perte sèche, blague à part.

Avec l’âge c’est bien normal,
Les plaies du cœur guérissent mal,
Souventes fois même, salut,
Elles ne se referment plus