La Traîtresse

J’en apBmpelle à la C#7mort, je l’atF#7tends sans frayBmeur,

Je n’Bmtiens plus à la C#7vie, je F#7cherche un fossoyB7eur

Qui’auEmrait un’A7tombe à Dvendre à n’imG7porte quel Cprix :

J’ai surF#7pris ma maîBmtresse au bras C#7de    F#7son maBmri,

B7Ma maîE6tre__F#7e__Bsse, G#7    la traîC#7tre__F#7e__Bmsse!

J’croyais tenir l’amour au bout de mon harpon,
Mon p’tit drapeau flottait au coeur d’madam’Dupont,
Mais tout est consommé : hier soir, au coin d’un bois,
J’ai surpris ma maîtresse avec son mari, pouah !
Ma maîtresse, la traîtresse !

Trouverais-je les noms, trouverais-je les mots,
Pour noter d’infami’cet enfant de chameau
Qui’a choisi son époux pour tromper son amant,
Qui’a conduit l’adultère à son point culminant ?
Ma maîtresse, la traîtresse !

Où donc avais-j’les yeux ? Quoi donc avais-j’dedans ?
Pour pas m’être aperçu depuis un certain temps
Que, quand ell’m’embrassait, ell’semblait moins goulue
Et faisait des enfants qui n’me ressemblaient plus.
Ma maîtresse, la traîtresse !

Et pour bien m’enfoncer la corne dans le coeur,
Par un raffinement satanique, moqueur,
La perfide, à voix haute, a dit à mon endroit :
« Le plus cornard des deux n’est point celui qu’on croit. »
Ma maîtresse, la traîtresse !

J’ai surpris les Dupont, ce couple de marauds,
En train d’recommencer leur hymen à zéro,
J’ai surpris ma maîtresse, équivoque, ambigue,
En train d’intervertir l’ordre de ses cocus.
Ma maîtresse, la traîtresse !

Tonton Nestor

Jarana :

E 4/4/2 – C 4/3/3
C#m 4/4/4 – G# 3/4/3 – A 4/5/4 – G# 3/4/3
C#m 4/4/4 – F#7 1/0/1 – B7 3/2/2/2 – E5+ 4/4/3

ETonton Nestor, vous eûtes tort,

Je vous le dis tout Cnet.

C#mVous avez mis la zizanie

Aux noces de JeanG#7nette.

AJe vous l’avoue, TonG#7ton, vous vous,

ComC#mportâtes comme un

F#7Mufle achevé, rustre fieffé,B7

Un homme du commun.C5+

Quand la fiancée, les yeux baissés,
Des larmes pleins les cils,
S’apprêtait à dire « Oui da ! »,
A l’officier civil,
Qu’est-c’qui vous prit, vieux malappris,
D’aller, sans retenue,
Faire un pinçon, cruel en son,
Éminence charnue ?

Se retournant, incontinent,
Elle souffleta, flic-flac !
L’garçon d’honneur, qui, par bonheur,
Avait une tête à claque,
Mais au lieu du « Oui » attendu,
Elle s’écria : « Maman »
Et l’maire lui dit : « Non, mon petit,

Ce n’est pas le moment. »D7

GQuand la fiancée, les yeux baissés,

D’une voix solenEbnelle

EmS’apprêtait à Dire « Oui da ! »,

Par-devant l’ÉterB7nel,

CVoilà me chef, que, B7derechef,

Vous Emosâtes porter

A7Votre fichue, patte crochue,D7

Sur sa rotondité.Eb5+

Se retournant, incontinent,
Elle moucha le nez
D’un enfant d’chœur, qui, par bonheur,
Était enchifrené,
Mais au lieu du « Oui » attendu, De sa pauvre voix lasse,
Au tonsuré, désemparé,
Elle a dit « Merde », hélas !

Quoiqu’elle usât, Qu’elle abusât,
Du droit d’être fessue,
En la pinçant, Mauvais plaisant,
Vous nous avez déçus.
Aussi, ma foi, La prochaine fois,
Qu’on mariera Jeannette,
On s’pass’ra d’vous. Tonton, je vous,

Je vous le dis tout net.G

Le Testament

Jarana (v1) :

B [3/2/2](> B5+ [3/3/2])E [4/4/2]F#7 [1/0/1]B [3/2/2]{x2}
E [4/4/2]B [3/2/2]G#m [3/4/2]Eb7 [3/3/4/3]([4/4] > [6/6])
B [3/2/2]E [4/4/2]Eb7 [3/3/4/3]G#m [3/4/2]F#7 [1/0/1]B [3/2/2]([3/3] > [4/4] > [6/6]){x2}

A [1/0/0]

D [2/2/0/2](> D7 [2/2/3/2])G [2/3/2]A [1/0/0]D [2/2/0/2]{x2}
G [2/3/2]D [2/2/0/2]Bm [2/2/2(/4)]F#7 [1/0/1]([2/3 > [4/5])
D [2/2/0/2]G [2/3/2]F# [1/2/1]Bm [2/2/2(/4)]A7 [1/0/0/0]D [2/2/0/2]([1/2] > [2/3] > [4/5]){x2}

Jarana (v2) :

B [6/7/6](> B5+ [7/7/6])E [8/7/7]F#7 [6/6/7/6]B [6/7/6]{x2}
E [8/7/7]B [6/7/6]G#m [8/7/6]Eb7 [7/6/6/6]E [8/7/7]F# [10/9/9]
B [6/7/6]E [8/7/7]Eb7 [7/6/6/6]G#m [8/7/6]F#7 [6/6/7/6]B [6/7/6](Eb [7/6/6] > E [8/7/7] > F# [10/9/9]){x2}

A [4/5/4]

D(7) [6/5/5/(5)]G [7/7/5/(7)]A [4/5/4/(6)]D [6/5/5] {x2}
G [7/7/5/(7)]D [6/5/5]Bm [6/7/5/(7)]F#7 [6/6/7/6]B [7/7/5](> C# [9/9/7])
D [6/5/5/(7)]G [7/7/5/(7)]F# [6/6/4/(6)]Bm [6/7/5/(7)][A7 4/5/4/0]D [6/5/5/(7)](Bb [6/6/4] > B [7/7/5] > C# [9/9/7]){x2}

{intro :}BB5+G#mB5+

BJe serai triste comme un saule,

EQuand le Dieu F#7qui partout me Bsuit

BMe dira, la main sur l’éB5+paule :

E« Va-t’en voir F#7là-haut si j’y Bsuis »

EAlors du ciel et Bde la terre,

BIl me fauG#mdra faire mon Eb7deuil

BEst-il encore deboEut le Eb7chêne,

G#mOu le saF#7pin de mon cerBcueil ?

BEst-il encore deboEut le Eb7chêne,

G#mOu le saF#7pin de mon cerBcueil ?

S’il faut aller au cimetière,
J’prendrai le chemin le plus long
J’ferai la tombe buissonnière,
J’quitterai la vie à reculons
Tant pis si les croque-morts me grondent,
Tant pis s’ils me croient fou à lier
Je veux partir pour l’autre monde,
Par le chemin des écoliers. [bis]

Avant d’aller conter fleurette,
Aux belles âmes des damnés
Je rêve d’encore une amourette,
Je rêve d’encore m’enjuponner
Encore une fois dire : « Je t’aime »,
Encore une fois perdre le nord
En effeuillant le chrysanthème,
Qui est la marguerite des morts. [bis]

A[Mod +1½ ton]

DDieu veuille que ma veuve s’alarme,

GEn enterArant son compaDgnon

DEt qu’pour lui faire verser des D7larmes,

GIl n’y ait Apas besoin d’oiDgnons

GQu’elle prenne en seDcondes noces,

DUn époux Bmde mon acaF#7bit.

DIl pourra profiGter d’mes F#bottes,

BmEt d’mes panA7toufles et d’mes haDbits

DIl pourra profiGter d’mes F#bottes,

BmEt d’mes panA7toufles et d’mes haDbits.

Qu’il boive mon vin qu’il aime ma femme,
Qu’il fume ma pipe et mon tabac
Mais que jamais, mort de mon âme,
Jamais il ne fouette mes chats
Quoique je n’aie pas un atome,
Une ombre de méchanceté,
S’il fouette mes chats, y’a un fantôme,
Qui viendra le persécuter. [bis]

Ici gît une feuille morte,
Ici finit mon testament
On a marqué dessus ma porte :
« Fermé pour cause d’enterrement »
J’ai quitté la vie sans rancune,
J’aurai plus jamais mal aux dents
Me v’là dans la fosse commune,
La fosse commune du temps. [bis]

El Testamento

{intro :}BB5+G#mB5+

BMe pondré triste como sombra,

ECuando el dios F#7con quien siempre Bvoy

BMe diga con la mano alB5+hombro:

E« Vete pa’arF#7riba a ver si esBtoy »

ELa tierra entonces By el cielo,

BTodo tenG#mdré que abandoEb7nar

B¿Aun estará de Epie el Eb7roble,

G#mEl de mi F#7caja funeBral?

B¿Aun estará de Epie el Eb7roble,

G#mEl de mi F#7caja funeBral?

Si hay que ir al cementerio
Me fumaré el funeral
Y si no puedo hacer novillos,
A rastras ya no poder más
Y que más da si me creen loco
Si me riñe el enterrador
Caminito del otro barrio
« Pasen ustedes por favor ».[bis]

Antes de ir a hacer el oso
Con las ánimas de Plutón
Quiero otra vez estar celoso
Otra vez dar mi corazón
Una vez más decir « te quiero »
Una vez más desatinar
Al deshojar el crisantemo
Que es margarita funeral.[bis]

A[Mod +1½ ton]

DDios quiera que mi viuda sienta,

GAl enterArarme un gran doDlor

DY no necesite ceD7bollas,

GPara deAstrar su aDmor

GQue tome en seDgundas nupcias,

DEsposo Bmde mi caliF#7dad.

DAsí podrá saGcar proF#vecho,

BmDe mis chiA7nelas y mi aDjuar

DAsí podrá saGcar proF#vecho,

BmDe mis chiA7nelas y mi aDjuar.

Que sea dueño de mi esposa
Que beba y fume en mi hogar
Pero que nunca cien mil diablos
Mi jaca se atreva a montar
Aunque no tenga yo ni pizca
Ni sombra de perversidad
Si tal hiciera mi fantasma
Le vendría a perjudicar.[bis]

Aquí yace la hoja muerta
Mi testamento se acabó
Hay un letrero en mi puerta
« Cerrado porque se murió »
Ya no me dolerán las muelas
Yo me despido sin rencor
A la fosa común del tiempo
Y del olvido ya me voy.[bis]

Le Roi Boîteux

CmUn roi d’Espagne, ou bien de BbFrance,

AG#vait un cor, un cor au Gpied;

G7C’éCmtait au pied gauche, je Bbpense ;

Il boiG#tait à Gfaire piCmtié.

Les gens de cour, espèce adroite,
S’appliquèrent à l’imiter,
Et qui de gauche, qui de droite,
Ils apprirent tous à boiter.

On vit bientôt le bénéfice
Que cette mode rapportait;
Et de l’antichambre à l’office,
Tout le monde boitait, boitait.

Un jour, un seigneur de province,
Oubliant son nouveau métier,
Vint à passer devant le prince,
Ferme et droit comme un peuplier.

Tout le monde se mit à rire,
Excepté le roi qui, tout bas,
Murmura : »Monsieur, qu’est-ce à dire ?
Je vois que vous ne boitez pas. »

« Sire, quelle erreur est la vôtre !
Je suis criblé de cors ; voyez :
Si je marche plus droit qu’un autre,
C’est que je boite des deux pieds. »

Les Ricochets

BmJ’avais dix-huit ans
Tout juste et quittant
Ma ville natale
Un beau jour, ô gué
Je vins débarquer
Dans la capitale.

EmJ’entrai pas aux cris
D’à nous deux Paris
En Ile de France.
Que ton Rastignac
N’ait cure, ô Balzac

EdimGdimA#dim
De ma concu Drren – F#7en – Bmce

De ma concu Grren – F#7en – Bmce.

Gens en place, dormez
Sans vous alarmer,
Rien ne vous menace.
Ce n’est qu’un jeune sot
Qui monte à l’assaut
Du p’tit Montparnasse.

On s’étonn’ra pas
Si mes premiers pas
Tout droit me menèrent
Au pont Mirabeau,
Pour un coup d’chapeau
A l’Apollinaire (bis).

Bec enfariné,
Pouvais-je deviner
Le remue-ménage
Que, dans mon destin,
Causerait soudain
Ce pèlerinage,

Que circonvenu,
Mon coeur ingénu
Allait faire des siennes,
Tomber amoureux
De sa toute pre-
mière Parisienne (bis).

N’anticipons pas,
Sur la berge en bas,
Tout contre une pile
La belle tâchait
D’faire des ricochets
D’un’main malhabile.

Moi, dans ce temps-là,
Je n’dis pas cela
En bombant le torse,
L’air avantageux,
J’étais à ce jeu
De première force (bis).

« Tu m’donnes un baiser »
Ai-je proposé
A la demoiselle,
« Et moi, sans retard,
J’t’apprends de cet art
Toutes les ficelles ».

Affaire conclue,
En une heure elle eut
L’adresse requise.
En échange, moi,
J’cueillis plein d’émoi
Ses lèvres exquises (bis).

Et durant un temps,
Les journaux d’antan
D’ailleurs le relatent,
Fallait se lever
Matin pour trouver
Une pierre plate.

On redessina
Du pont d’Iéna
Au pont Alexandre,
Jusqu’à Saint Michel,
Mais à notre échelle
La carte du tendre (bis).

Mais c’était trop beau
Au pont Mirabeau
La jeune volage
Un jour se perchait
Sur un ricochet
Et gagnait le large.

Ell’me fit faux bond
Pour un vieux barbon,
La petite ingrate.
Un Crésus vivant,
Détail aggravant,
Sur la rive droite (bis).

J’en pleurai pas mal :
Le flux lacrymal
Me fit la quinzaine.
Au viaduc d’Auteuil,
Paraît qu’à vue d’oeil
Grossissait la Seine.

Et si, pont d’l’Alma,
J’ai pas noyé ma
Détresse ineffable,
C’est qu’l’au coulant sous
Les pieds du zouzou
Etait imbuvable (bis).

Et qu’j’avais acquis
Cett’conviction qui
Du reste me navre
Que mort ou vivant,
Ce n’est pas souvent
Qu’on arrive au Havre.

Nous attristons pas,
Allons de ce pas
Donner débonnaires,
Au pont Mirabeau
Un coup de chapeau
A l’Apollinaire (bis).

P… de Toi

GEn ce temps-D7là, je viGvais dans la D7lune

Les boGnheurs d’ici-(D)bas m’éEmtaient tous défenD7dus

Je seGmais des vioD7lettes et chanGtais pour des D7prunes

Et tenEmdais la D7patte aux Gchats perdus

[Refrain] :

GAh ah ah B7ah putain de toi

CAh D7ah ah ah ah Gpauvre de moi

Un soir de pluie v’là qu’on gratte à ma porte
Je m’empresse d’ouvrir, sans doute un nouveau chat
Nom de dieu l’beau félin que l’orage m’apporte
C’était toi, c’était toi, c’était toi
[Refrain]

Les yeux fendus et couleur de pistache
T’as posé sur mon coeur ta patte de velours
Fort heureus’ment pour moi t’avais pas de moustache
Et ta vertu ne pesait pas trop lourd
[Refrain]

Aux quatre coins de ma vie de bohème
T’as prom’né, t’as prom’né le feu de tes vingt ans
Et pour moi, pour mes chats, pour mes fleurs, mes poèmes
C’était toi la pluie et le beau temps
[Refrain]

Mais le temps passe et fauche à l’aveuglette
Notre amour mûrissait à peine que déjà
Tu brûlais mes chansons, crachais sur mes violettes
Et faisais des misères à mes chats
[Refrain]

Le comble enfin, misérable salope
Comme il n’restait plus rien dans le garde-manger
T’as couru sans vergogne, et pour une escalope
Te jeter dans le lit du boucher
[Refrain]

C’était fini, t’avais passé les bornes
Et, r’nonçant aux amours frivoles d’ici-bas
J’suis r’monté dans la lune en emportant mes cornes
Mes chansons, et mes fleurs, et mes chats
[Refrain]

La Princesse et le Croque-Notes

Jarana :

Am 4/5/3 – E 4/4/2
Am 4/5/3 – G 2/3/2 – C 4/3/3 – G 2/3/2 – G7 2/1/2
C 4/3/3 – F 5/5/3 – E 4/4/2
Am 4/5/3 – F 5/5/3 – E 4/4/2
Am 4/5/3 – G 2/3/2 – C 4/3/3 – F 5/5/3 – E 4/4/2

AmJadis au E7lieu du jardinAm que voiE7ci.
C’était la zone et tout ce qui s’en suit

AmDes mazuGres, des taudisC insoGlites G7

CDes ruines pas romaiFnes pour un E7sou

AmQuant à la faune habiFtant là-desE7sous

AmC’était laG fine Cfleur, c’était l’éFli__E7i__Amte.

La fine fleur l’élite du pavé
Des besogneux, des gueux, des réprouvés
Des mendiants rivalisant de tares
Des chevaux de retour, des propres à rien
Ainsi qu’un croque-notes, un musicien
Une épave accrochée à sa guitare

Adoptée par ce beau monde attendri.
Une petite fée avait fleuri
Au milieu de toute cette bassesse.
Comme on l’avait trouvée près du ruisseau
Abandonnée en un somptueux berceau
À tout hasard on l’appelait princesse

Or un soir, Dieu du ciel, protégez-nous
La voilà qui monte sur les genoux
Du croque-notes et doucement soupire
En rougissant quand même un petit peu
– C’est toi que j’aime et si tu veux tu peux
M’embrasser sur la bouche et même pire

-Tout doux princesse arrête un peu ton tir
J’ai pas tellement l’étoffe du satyre
Tu as 13 ans j’en ai 30 qui sonnent
Grosse différence mais je ne suis pas chaud
Pour tâter la paille humide du cachot.
– Mais croque-notes j’dirai rien à personne

N’insiste pas fait-il d’un ton railleur
D’abord tu n’es pas mon genre et d’ailleurs
Mon cœur est déjà pris par une grande
Alors princesse est partie en courant
Alors princesse est partie en pleurant
Chagrine qu’on ait boudé son offrande

Y a pas eu détournement de mineure
Le croque-notes au matin de bonheur
À l’anglaise a filé dans la charrette
Des chiffonniers en grattant sa guitare
Passant par là quelques 20 ans plus tard
Il a le sentiment qu’il le regrette.

Pour me Rendre à mon Bureau

BmPour me rendre à mon bureau, j’avais F#acheté une auto

Une joF#7lie traction avant qui fiBmlait comme le vent.

C’était en Juillet 39, je me F#gonflais comme un boeuf

Dans ma F#7fierté de bourgeois d’avoir Bmune voiture à moi.

Mais vint Emseptembre, et je pars pour la Bmguerre.

Huit mois plus F#tard, en reveBmnant:

RéquisiEmtion de ma onze chevaux léBmgère

« Nein verboGten » provisoireF#ment.

Pour me rendre à mon bureau alors j’achète une moto
Un joli vélomoteur faisant du quarante à l’heure.
A cheval sur mon teuf-teuf je me gonflais comme un boeuf
Dans ma fierté de bourgeois de rentrer si vite chez moi.
Elle ne consommait presque pas d’essence
Mais presque pas, c’est encore trop.
Voilà qu’on me retire ma licence
J’ai dû revendre ma moto.

Pour me rendre à mon bureau alors j’achète un vélo
Un très joli tout nickelé avec une chaîne et deux clefs.
Monté sur des pneus tous neufs je me gonflais comme un boeuf
Dans ma fierté de bourgeois d’avoir un vélo à moi.
J’en ai eu coup sur coup une douzaine
On me les volait périodiquement.
Comme chacun d’eux valait le prix d’une Citroën
Je fus ruiné très rapidement.

Pour me rendre à mon bureau alors j’ai pris le métro
Ça ne coûte pas très cher et il y fait chaud l’hiver.
Alma, Iéna et Marboeuf je me gonflais comme un boeuf
Dans ma fierté de bourgeois de rentrer si vite chez moi.
Hélas par économie de lumière
On a fermé bien des stations.
Et puis ce fut, ce fut la ligne tout entière
Qu’on supprima sans rémission.

Pour me rendre à mon bureau j’ai mis deux bons godillots
Et j’ai fait quatre fois par jour le trajet à pied aller-retour
.
Les Tuileries, le Pont Neuf je me gonflais comme un boeuf,
Fier de souffrir de mes corps pour un si joli décor.
Hélas, bientôt, je n’aurai plus de godasses,
Le cordonnier ne ressemelle plus.
Mais en homme prudent et perspicace
Pour l’avenir j’ai tout prévu.

Je vais apprendre demain à me tenir sur les mains
J’irai pas très vite bien sûr mais je n’userai plus de chaussures.
Je verrai le monde de bas en haut c’est peut-être plus rigolo.
Je n’y perdrai rien par surcroît:
Il est pas drôle à l’endroit.

Oncle Archibald

Jarana :
D 6/5/5/7 – G 7/7/5/7+2/3/2/0 – A7 4/5/4/0 – D7 6/5/5/5 – F# 6/6/4/6 – Bm 6/7/5/7

DÔ vous, les arracheurs de dents,
Tous les cafards, les charlatans,

Les proGphA7è__Dtes

D7Comptez plus Gsur oncle Archibald,

Pour payer F#les violons du Bmbal,

A vos Gfê__A7ê___Dtes, à vos Emfê__A7ê___Dtes

En courant sus à un voleur,
Qui venait de lui chiper l’heure,
A sa montre

Oncle Archibald, coquin de sort !
Fit, de Sa Majesté la Mort,
La rencontre, la rencontre

Telle une femme de petite vertu,
Elle arpentait le trottoir du,
Cimetière

Aguichant les hommes en troussant,
Un peu plus haut qu’il n’est décent,
Son suaire, son suaire

Oncle Archibald, d’un ton gouailleur,
Lui dit : « Va-t’en faire pendre ailleurs,
Ton squelette

Fi ! des femelles décharnées !
Vive les belles un tantinet,
Rondelettes ! Rondelettes ! »

Lors, montant sur ses grands chevaux,
La Mort brandit la longue faux,
D’agronome

Qu’elle serrait dans son linceul,
Et faucha d’un seul coup, d’un seul,
Le bonhomme, le bonhomme

Comme il n’avait pas l’air content,
Elle lui dit : « Ça fait longtemps,
Que je t’aime

Et notre hymen à tous les deux,
Etait prévu depuis le jour de,
Ton baptême, ton baptême

« Si tu te couches dans mes bras,
Alors la vie te semblera,
Plus facile

Tu y seras hors de portée,
Des chiens, des loups, des hommes et des,
Imbéciles, imbéciles

« Nul n’y contestera tes droits,
Tu pourras crier « Vive le roi ! »
Sans intrigue

Si l’envie te prend de changer,
Tu pourras crier sans danger
« Vive la Ligue ! Vive la Ligue ! »

« Ton temps de dupe est révolu,
Personne ne se paiera plus
Sur ta bête

Les « Plaît-il, maître ? » n’auront plus cours,
Plus jamais tu n’auras à cour-
ber la tête -ber la tête »

Et mon oncle emboîta le pas,
De la belle, qui ne semblait pas,
Si féroce

Et les voilà, bras d’ssus, bras d’ssous,
Les voilà partis je n’sais où,
Faire leurs noces, faire leurs noces

O vous, les arracheurs de dents,
Tous les cafards, les charlatans,
Les prophètes

Comptez plus sur oncle Archibald,
Pour payer les violons du bal,
A vos fêtes, à vos fêtes

Les Oiseaux de Passage

Ô vie heureuse Dmdes bourgeois ! Qu’avril bourCgeonne

Ou que décembre Bbgèle, Ils sont fiers et conA7tents

Ce pigeon est aimé trois jours par sa pigeonne ;
Ça lui suffit, il sait que l’amour n’a qu’un temps

Ce dindon a toujours béni sa destinée.
Et quand vient le moment de mourir il faut voir
Cette jeune oie en pleurs : « C’est là que je suis née,
Je meurs près de ma mère et j’ai fait mon devoir. »

Elle a fait son devoir c’est à dire que oncques
Elle n’eut de souhait impossible, elle n’eut
Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque
L’emportant sans rameur sur un fleuve inconnu.

Et tous sont ainsi faits, vivre la même vie
Toujours pour ces gens là cela n’est point hideux.
Ce canard n’a qu’un bec et n’eut jamais envie
Ou de n’en plus avoir ou bien d’en avoir deux.

Ils n’ont aucun besoin de baiser sur les lèvres
Et, loin des songes vains, loin des soucis cuisants,
Possèdent pour tout coeur un viscère sans fièvre,
Un coucou régulier et garanti dix ans !

Ô les gens bienheureux !… Tout à coup, dans l’espace,
Si haut qu’il semble aller lentement, un grand vol
En forme de triangle arrive, plane et passe.
Où vont-ils ? Qui sont-ils ? Comme ils sont loin du sol !

Regardez les passer! Eux ce sont les sauvages,
Ils vont où leur désir le veut : par dessus monts
Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages.
L’air qu’ils boivent ferait éclater vos poumons.

Regardez-les ! Avant d’atteindre sa chimère,
Plus d’un, l’aile rompue et du sang plein les yeux,
Mourra. Ces pauvres gens ont aussi femme et mère
Et savent les aimer aussi bien que vous, mieux.

Pour choyer cette femme et nourrir cette mère,
Ils pouvaient devenir volailles comme vous.
Mais ils sont avant tout des fils de la chimère,
Des assoiffés d’azur, des poètes, des fous.

Regardez-les, vieux coq, jeune oie édifiante !
Rien de vous ne pourra monter aussi haut qu’eux.
Et le peu qui viendra d’eux à vous, c’est leur fiente.
Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux.