Le Fiacre

Un fiacre Aallait, DtrottiAnant,

DCahin, Acaha, Hu, E7dia, Ahop là !

Un fiacre allait, DtrottiAnant,

DJaune, aAvec un E7cocher Ablanc.

Derrièr’ les stores baissés,
Cahin, caha, Hu, dia, hop là !
Derrièr’ les stores baissés,
On entendait des baisers.

Puis un’ voix disant : « Léon !
Cahin, caha, Hu, dia, hop là !
Puis un’ voix disant : « Léon !
Tu m’fais mal, ôt’ ton lorgnon ! »

Un vieux monsieur qui passait,
Cahin, caha, Hu, dia, hop là !
Un vieux monsieur qui passait,
S’écri’ : « Mais on dirait qu’c’est

Ma femme dont j’entends la voix !
Cahin, caha, Hu, dia, hop là !
Ma femme dont j’entends la voix ! »
I’ s’lanc’ sur l’pavé en bois.

Mais il gliss’ su’ l’ sol mouillé,
Cahin, caha, Hu, dia, hop là !
Mais il gliss’ su’ l’ sol mouillé,
Boum ! Le v’là éscrabouillé.

Du fiacre un’ dam’ sort et dit :
Cahin, caha, Hu, dia, hop là !
Du fiacre un’ dam’ sort et dit :
« Chouett’, Léon ! C’est mon mari !

Y a plus besoin d’ nous cacher,
Cahin, caha, Hu, dia, hop là !
Y a plus besoin d’ nous cacher.
Donn’ donc cent sous à c’cocher ! »

Un fiacre allait, trottinant,
Cahin, caha, Hu, dia, hop là !
Un fiacre allait, trottinant,
Jaune, avec un cocher blanc.

Fernande

guitare : B9 [x|2|1|2|2|x]

UDne manie de D+vieux garçon

Moi Gj’ai pris l’habiF#7tude

D’aAmgrémenB7ter ma Emsoli(F#7)tude

AuxE7 accents de A7cette chanDson

[Refrain :]

E7Quand Aje penseB♭° à FerBmnande

Je E7bande,E+ je Abande

Quand j’pense à FéliDcie

Je bande ausAsi

Quand j’pense à LéoDnor

Mon E7dieu je E+bande enAcore

Mais C#7quand j’pense à LuF#mlu

E7je ne bande F#7plus

La C#7bandaison paF#mpa

Ça n’se com(B9)man_E7de Apas.

C’est cette mâle ritournelle
Cette antienne virile
Qui retentit dans la guérite
De la vaillante sentinelle.

[Refrain]

Afin de tromper son cafard
De voir la vie moins terne
Tout en veillant sur sa lanterne
Chante ainsi le gardien de phare

[Refrain]

Après la prière du soir
Comme il est un peu triste
Chante ainsi le séminariste
A genoux sur son reposoir.

[Refrain]

A l’Etoile où j’était venu
Pour ranimer la flamme
J’entendis émus jusqu’au larmes
La voix du soldat inconnu.

[Refrain]

Et je vais mettre un point final
A ce chant salutaire
En suggérant au solitaire
D’en faire un hymne national.

[Refrain]

Entre l’Espagne et l’Italie

ALe géographe était E7pris de folie,[x4]
Quand il imagina de tendre,
Tout juste entre l’Espagne et l’Italie,
Ma carte du Tendre.

[REFRAIN :]

Avec A7moi Cupidon se surDmène,

Dans mon G#°cœur d’artichaut il piAqua

Deux flècA7hes : l’une au nom de CarDmen(e),

La seDmconde au nom de FrancesE7ca.

Les soirs de bal, j’enlace tour à tour,
Je fais danser chacune d’elles :
Un pied pour la séguedille, un pied pour,
La gaie tarentelle.

[REFRAIN]

Sans guère songer à ce que demain,
Le coquin de sort me destine,
J’avance en tenant ferme à chaque main,
Mes deux sœurs latines.

[REFRAIN]

Si jamais l’une d’elles un jour apprend,
Qu’elle n’est pas tout à fait seule,
J’ai plus qu’à courir chez le tisserand,
Choisir un linceul

[REFRAIN]

On me verrait pris dans cette hypothèse
Entre deux mégères ardentes,
Entre deux feux : l’enfer de Cervantès
Et l’enfer de Dante !

[REFRAIN]

Devant la faucheuse s’il faut plus tard,
Pauvre de moi, que je m’incline,
Qu’on me porte en terre au son des guitares
Et des mandolines !

Avec moi Cupidon se surmène,
Dans mon cœur d’artichaut il piqua
Deux flèches : l’une au nom de Carmen(e),

La seDconde au nom E7de FrancesAca.

Embrasse-Les Tous

DmTu n’es pas de cell’s qui meur’nt où ell’s s’attachent,

B♭ Tu frottes ta joue à toutes les moustaches,

Dm Faut s’lever de bon maA7tin pour voir un ingéDmnu

Qui n’ t’ait B♭pas conA7nu’,

Entré’ libre à n’importe qui dans ta ronde,
Coeur d’artichaut, tu donne’ un’ feuille à tout l’monde,
Jamais, de mémoire d’homm’, moulin n’avait été

AuC7tant fréquenté.

FDe Pierre à DmPaul, en pasAmsant par Jule’ et Félicien,

B♭Embrasse-les tous, embrasse-les tous,

FDieu reconnaîtra le sien !

C7/GPasse-les tous par tes C7armes,

FPasse-les tous par tes charmes,

E7Jusqu’à c’ que l’un d’eux, les bras en croix,

Tourne de lAm‘œil dans tes C7bras,

FDes grands aux Dmp’tits en alAmlant jusqu’aux Lilliputiens,

B♭Embrasse-les tous, embrasse-les tous,

B♭7Dieu reconnaîtra le A7sien

D7Jusqu’à ce qu’amour s’ensuive,

GmQu’à son cœur une plai’ A7vive,

DmLe plus touché d’entre G7nous

Demande Gmgrâce à C7ge_Fnoux.A7

En attendant le baiser qui fera mouche,
Le baiser qu’on garde pour la bonne bouche,
En attendant de trouver, parmi tous ces galants,
Le vrai merle blanc,

En attendant qu’ le p’tit bonheur ne t’apporte
Celui derrière qui tu condamneras ta porte
En marquant dessus « Fermé jusqu’à la fin des jours
Pour cause d’amour « …

De Pierre à Paul, en passant par Jule’ et Félicien,
Embrasse-les tous, (bis)
Dieu reconnaîtra le sien !
Passe-les tous par tes armes,
Passe-les tous par tes charmes,
Jusqu’à c’que l’un d’eux, les bras en croix,
Tourne de l’œil dans tes bras,

Des grands aux p’tits en allant jusqu’aux Lilliputiens,
Embrasse-les tous, (bis)
Dieu reconnaîtra le sien!
Alors toutes tes fredaines,
Guilledous et prétentaines,
Tes écarts, tes grands écarts,
Te seront pardonnés, car
Les fill’s quand ça dit « je t’aime »,
C’est comme un second baptême,
Ça leur donne un cœur tout neuf,
Comme au sortir de son oeuf.

Cupidon s’en fout

{Intro :}AmFGC|DE(7)Am

Pour chanAmger en amour notre amourette,

Il s’en Cserait pas fallu de beaDucoup

Mais, ce E7jour-là, Vénus était distraite,

Il est des Amjours où CuG7pidon s’enC fout,

Il est B♭des jours où CuE7pidon s’en Amfout

[Pont = Intro]

Des jours où il joue les mouches du coche,
Où elles sont émoussées dans le bout
Les flèches courtoises qu’il nous décoche,

Il est des jours où Cupidon s’en fout [bis]

[Pont = Intro]

Se consacrant à d’autres imbéciles,
Il n’eut pas l’heur de s’occuper de nous
Avec son arc et tous ses ustensiles,

Il est des jours où Cupidon s’en fout [bis]

[Pont = Intro]

On a tenté sans lui d’ouvrir la fête,
Sur l’herbe tendre, on s’est roulé, mais vous
Avez perdu la vertu, pas la tête,

Il est des jours où Cupidon s’en fout [bis]

[Pont = Intro]

Si vous m’avez donné toute licence,
Le cœur, hélas, n’était pas dans le coup
Le feu sacré brillait par son absence,

Il est des jours où Cupidon s’en fout [bis]

[Pont = Intro]

On effeuilla vingt fois la marguerite,
Elle tomba vingt fois sur « pas du tout »
Et notre pauvre idylle a fait faillite,

Il est des jours où Cupidon s’en fout [bis]

[Pont = Intro]

Quand vous irez au bois conter fleurette,
Jeunes galants, le ciel soit avec vous
Je n’eus pas cette chance et le regrette,

Il est des jours où Cupidon s’en fout [bis]

[Pont = Intro]

La Complainte des Filles de Joie

Bien Bmque ces vaches de bourgeois,

Bien Gque ces vaches F#7de bourgeois,

LesBm appell’nt des filles de joi’,

LesG appell’nt des filF#les de joi’,

C’est Dpas tous les D#°jours qu’ell’s riEmgolent,

PaBmrole, paF#7role,

C’est Bmpas tous les Emjours qu’elles riGgo_F#7o__Bmlent.

Car, même avec des pieds de grues, (bis)
Fair’ les cent pas le long des rues (bis)
C’est fatigant pour les guibolles,
Parole, parole,
C’est fatigant pour les guibolles.

Non seulement ell’s ont des cors, (bis)
Des oeils-de-perdrix, mais encor (bis)
C’est fou ce qu’ell’s usent de grolles,
Parole, parole,
C’est fou ce qu’ell’s usent de grolles.

Y’a des clients, y’a des salauds (bis)
Qui se trempent jamais dans l’eau. (bis)
Faut pourtant qu’elles les cajolent,
Parole, parole,
Faut pourtant qu’elles les cajolent.

Qu’ell’s leur fasse la courte échell’ (bis)
Pour monter au septième ciel. (bis)
Les sous, croyez pas qu’ell’s les volent,
Parole, parole,
Les sous, croyez pas qu’ell’s les volent.

Ell’s sont méprisé’s du public, (bis)
Ell’s sont bousculé’s par les flics, (bis)
Et menacé’s de la vérole,
Parole, parole,
Et menacé’s de la vérole.

Bien qu’ tout’ la vie ell’s fass’nt l’amour, (bis)
Qu’ell’s se marient vingt fois par jour, (bis)
La noce est jamais pour leur fiole,
Parole, parole,
La noce est jamais pour leur fiole.

Bien qu’ tout’ la vie ell’s fass’nt l’amour, (bis)
Qu’ell’s se marient vingt fois par jour, (bis)
La noce est jamais pour leur fiole,
Parole, parole,
La noce est jamais pour leur fiole.

Fils de pécore et de minus, (bis)
Ris par de la pauvre Vénus, (bis)
La pauvre vieille casserole,
Parole, parole,
La pauvre vieille casserole.

Il s’en fallait de peu, mon cher, (bis)
Que cett’ putain ne fût ta mère, (bis)
Cette putain dont tu rigoles,
Parole, parole,
Cette putain dont tu rigoles.

Chansonnette à celle qui reste pucelle

JaBmdis la mineure perF#7dait son honneurB7 au moindre faux Empas

Ces A7mœurs n’ont plus cours, de nos Djours, c’est la gourdeC#7 qui ne le fait F#(7)pas

TouB7te ton école peEmtite rigole,A7 qu’encore à seizeD ans E♭°

Tu Emsois vierge et sage, fiBmdèle à l’usageF#(7) caduc à préBmsent

Malgré les exemples de gosses plus amples informées que toi
Et qu’on dépucelle avec leur crécelle au bout de leurs doigts
Chacun te brocarde de ce que tu gardes ta fleur d’oranger
Pour la bonne cause et chacune glose sur tes préjugés

Et tu sers de cible, mais reste insensible aux propos moqueurs
Aux traits à la gomme, comporte toi comme te le dit ton cœur
Quoi que l’on raconte, y’a pas plus de honte à se refuser
Ni plus de mérite, d’ailleurs ma petite, qu’à se faire baiser (bis)

Chanson pour l’Auvergnat

BmElle est à toi, cette chanF#7son,

Toi, l’Auvergnat, qui Bmsans façon,

M’as donné quatre bouts de F#7bois

Quand, Bmdans ma vie, A7il faisait Dfroid,F#7

BmToi qui m’as donné du feu F#7quand

Les croquantes et Bmles croquants,

Tous les gens bien intentionF#7nés,

M’aBmvaient fermé A7la porte au Dnez…

D7Ce n’était Grien A7qu’un feu de Dbois,

BmMais il m’aEmvait chaufF#7fé le Bmcorps,

F#7Et dans mon âme il brBmûle encor’

A Gla manièr’ G7d’un feu de F#7joie.

BmToi l’Auvergnat, quand tu mourF#7ras,

Quand le croqu’-mort t’emBmportera,

Qu’il te conduise, à E7travers Aciel,

G Au F#7Père Bméternel.

Elle est à toi, cette chanson,
Toi, l’Hôtesse qui, sans façon,
M’as donné quatre bouts de pain
Quand, dans ma vie il faisait faim,

Toi qui m’ouvris ta huche quand
Les croquantes et les croquants,
Tous les gens bien intentionnés,
S’amusaient a me voir jeûner…

Ce n’était rien qu’un peu de pain,
Mais il m’avait chauffé le corps,
Et dans mon âme il brûle encor’
A la manièr’ d’un grand festin.

Toi l’Hôtesse quand tu mourras,
Quand le croqu’-mort t’emportera,
Qu’il te conduise, à travers ciel,
Au Père éternel.

Elle est à toi, cette chanson,
Toi, l’Étranger, qui sans façon
D’un air malheureux m’as souri
Lorsque les gendarmes m’ont pris,

Toi qui n’as pas applaudi quand
Les croquantes et les croquants,
Tous les gens bien intentionnés,
Riaient de me voir emmener…

Ce n’était rien qu’un peu de miel,
Mais il m’avait chauffé le corps,
Et dans mon âme il brûle encor’
A la manièr’ d’un grand soleil.

Toi l’Etranger quand tu mourras,
Quand le croqu’-mort t’emportera,
Qu’il te conduise, à travers ciel,
Au Père éternel.

Ceux qui ne pensent pas comme nous

Quand on A7n’est pas d’acDmcord avec A7le fort en Dmthème

Qui, A7chez les sorbonDmnards, fit ses A7humanités,

On murD7mure in petto : « C’est un vrai Nicodème,

FUn balourd, un béClître, un bel G7âne bâtCé. »

Moi qui pris mes leçons chez l’engeance argotique,
Je dis en l’occurrence, excusez le jargon,
Si la forme a changé le fond reste identique :
« Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons. »

[Refrain :]

Entre nous A7soit dit, bonnes gens,

Pour reconnaîtD7re

Que l’on n’est G7pas intelligent,

Il faudrait l’êtrCe.
[bis]

Jouant les ingénus, le père de Candide,
Le génial Voltaire, en substance écrivit
Qu’il souffrait volontiers – complaisance splendide –
Que l’on ne se conformât point à son avis.

« Vous proférez, Monsieur, des sottises énormes,
Mais jusques à la mort, je me battrais pour qu’on
Vous les laissât tenir. Attendez-moi sous l’orme ! »
« Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons. »

[Refrain]

Si ça n’entraîne pas une guerre civile
Quand un fâcheux me contrarie, c’est – soyons francs –
Un peu par sympathie, par courtoisie servile,
Un peu par vanité d’avoir l’air tolérant,

Un peu par crainte aussi que cette grosse bête
Prise à rebrousse-poil ne sorte de ses gonds
Pour mettre à coups de poing son credo dans ma tête.
« Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons. »

[Refrain]

La morale de ma petite ritournelle,
Il semble superflu de vous l’expliciter.
Elle coule de source, elle est incluse en elle :
Faut choisir entre deux éventualités.

En fait d’alternative, on fait pas plus facile.
Ceux qui l’aiment, parbleu, sont des esprits féconds,
Ceux qui ne l’aiment pas, de pauvres imbéciles.
« Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons. »

[Refrain]

Boulevard du temps qui passe

DmA peine sortis G7du berceau,

C7Nous sommes allés F7faire un saut

B♭7Au boulevard du temps qui A7passe,

DmEn scandant notre G7« Ça ira »

C7Contre les vieux, les F7mous, les gras,

B♭7Confinés dans leurs A7idées Dmbasses.

On nous a vus, c’était hier,
Qui descendions, jeunes et fiers,
Dans une folle sarabande,

En allumant des feux de joie,
En alarmant les gros bourgeois,
En piétinant leurs plates-bandes.

Jurant de tout remettre à neuf,
De refaire quatre-vingt-neuf,
De reprendre un peu la Bastille,

Nous avons embrassé, goulus,
Leurs femmes qu’ils ne touchaient plus,
Nous avons fécondé leurs filles.

Dans la mare de leurs canards
Nous avons lancé, goguenards,
Force pavés, quelle tempête!

Nous n’avons rien laissé debout,
Flanquant leurs credos, leurs tabous
Et leurs dieux, cul par-dessus tête.

Quand sonna le cessez-le-feu
L’un de nous perdait ses cheveux
Et l’autre avait les tempes grises.

Nous avons constaté soudain
Que l’été de la Saint-Martin
N’est pas loin du temps des cerises.

Alors, ralentissant le pas,
On fit la route à la papa,
Car, braillant contre les ancêtres,

La troupe fraîche des cadets
Au carrefour nous attendait
Pour nous envoyer à Bicêtre.

Tous ces gâteux, ces avachis,
Ces pauvres sépulcres blanchis
Chancelant dans leur carapace,

On les a vus, c’était hier,
Qui descendaient jeunes et fiers,
Le boulevard du temps qui passe.