Le Roi Boîteux

CmUn roi d’Espagne, ou bien de BbFrance,

AG#vait un cor, un cor au Gpied;

G7C’éCmtait au pied gauche, je Bbpense ;

Il boiG#tait à Gfaire piCmtié.

Les gens de cour, espèce adroite,
S’appliquèrent à l’imiter,
Et qui de gauche, qui de droite,
Ils apprirent tous à boiter.

On vit bientôt le bénéfice
Que cette mode rapportait;
Et de l’antichambre à l’office,
Tout le monde boitait, boitait.

Un jour, un seigneur de province,
Oubliant son nouveau métier,
Vint à passer devant le prince,
Ferme et droit comme un peuplier.

Tout le monde se mit à rire,
Excepté le roi qui, tout bas,
Murmura : »Monsieur, qu’est-ce à dire ?
Je vois que vous ne boitez pas. »

« Sire, quelle erreur est la vôtre !
Je suis criblé de cors ; voyez :
Si je marche plus droit qu’un autre,
C’est que je boite des deux pieds. »

Les Ricochets

BmJ’avais dix-huit ans
Tout juste et quittant
Ma ville natale
Un beau jour, ô gué
Je vins débarquer
Dans la capitale.

EmJ’entrai pas aux cris
D’à nous deux Paris
En Ile de France.
Que ton Rastignac
N’ait cure, ô Balzac

EdimGdimA#dim
De ma concu Drren – F#7en – Bmce

De ma concu Grren – F#7en – Bmce.

Gens en place, dormez
Sans vous alarmer,
Rien ne vous menace.
Ce n’est qu’un jeune sot
Qui monte à l’assaut
Du p’tit Montparnasse.

On s’étonn’ra pas
Si mes premiers pas
Tout droit me menèrent
Au pont Mirabeau,
Pour un coup d’chapeau
A l’Apollinaire (bis).

Bec enfariné,
Pouvais-je deviner
Le remue-ménage
Que, dans mon destin,
Causerait soudain
Ce pèlerinage,

Que circonvenu,
Mon coeur ingénu
Allait faire des siennes,
Tomber amoureux
De sa toute pre-
mière Parisienne (bis).

N’anticipons pas,
Sur la berge en bas,
Tout contre une pile
La belle tâchait
D’faire des ricochets
D’un’main malhabile.

Moi, dans ce temps-là,
Je n’dis pas cela
En bombant le torse,
L’air avantageux,
J’étais à ce jeu
De première force (bis).

« Tu m’donnes un baiser »
Ai-je proposé
A la demoiselle,
« Et moi, sans retard,
J’t’apprends de cet art
Toutes les ficelles ».

Affaire conclue,
En une heure elle eut
L’adresse requise.
En échange, moi,
J’cueillis plein d’émoi
Ses lèvres exquises (bis).

Et durant un temps,
Les journaux d’antan
D’ailleurs le relatent,
Fallait se lever
Matin pour trouver
Une pierre plate.

On redessina
Du pont d’Iéna
Au pont Alexandre,
Jusqu’à Saint Michel,
Mais à notre échelle
La carte du tendre (bis).

Mais c’était trop beau
Au pont Mirabeau
La jeune volage
Un jour se perchait
Sur un ricochet
Et gagnait le large.

Ell’me fit faux bond
Pour un vieux barbon,
La petite ingrate.
Un Crésus vivant,
Détail aggravant,
Sur la rive droite (bis).

J’en pleurai pas mal :
Le flux lacrymal
Me fit la quinzaine.
Au viaduc d’Auteuil,
Paraît qu’à vue d’oeil
Grossissait la Seine.

Et si, pont d’l’Alma,
J’ai pas noyé ma
Détresse ineffable,
C’est qu’l’au coulant sous
Les pieds du zouzou
Etait imbuvable (bis).

Et qu’j’avais acquis
Cett’conviction qui
Du reste me navre
Que mort ou vivant,
Ce n’est pas souvent
Qu’on arrive au Havre.

Nous attristons pas,
Allons de ce pas
Donner débonnaires,
Au pont Mirabeau
Un coup de chapeau
A l’Apollinaire (bis).

P… de Toi

GEn ce temps-D7là, je viGvais dans la D7lune

Les boGnheurs d’ici-(D)bas m’éEmtaient tous défenD7dus

Je seGmais des vioD7lettes et chanGtais pour des D7prunes

Et tenEmdais la D7patte aux Gchats perdus

[Refrain] :

GAh ah ah B7ah putain de toi

CAh D7ah ah ah ah Gpauvre de moi

Un soir de pluie v’là qu’on gratte à ma porte
Je m’empresse d’ouvrir, sans doute un nouveau chat
Nom de dieu l’beau félin que l’orage m’apporte
C’était toi, c’était toi, c’était toi
[Refrain]

Les yeux fendus et couleur de pistache
T’as posé sur mon coeur ta patte de velours
Fort heureus’ment pour moi t’avais pas de moustache
Et ta vertu ne pesait pas trop lourd
[Refrain]

Aux quatre coins de ma vie de bohème
T’as prom’né, t’as prom’né le feu de tes vingt ans
Et pour moi, pour mes chats, pour mes fleurs, mes poèmes
C’était toi la pluie et le beau temps
[Refrain]

Mais le temps passe et fauche à l’aveuglette
Notre amour mûrissait à peine que déjà
Tu brûlais mes chansons, crachais sur mes violettes
Et faisais des misères à mes chats
[Refrain]

Le comble enfin, misérable salope
Comme il n’restait plus rien dans le garde-manger
T’as couru sans vergogne, et pour une escalope
Te jeter dans le lit du boucher
[Refrain]

C’était fini, t’avais passé les bornes
Et, r’nonçant aux amours frivoles d’ici-bas
J’suis r’monté dans la lune en emportant mes cornes
Mes chansons, et mes fleurs, et mes chats
[Refrain]

La Princesse et le Croque-Notes

Jarana :

Am 4/5/3 – E 4/4/2
Am 4/5/3 – G 2/3/2 – C 4/3/3 – G 2/3/2 – G7 2/1/2
C 4/3/3 – F 5/5/3 – E 4/4/2
Am 4/5/3 – F 5/5/3 – E 4/4/2
Am 4/5/3 – G 2/3/2 – C 4/3/3 – F 5/5/3 – E 4/4/2

AmJadis au E7lieu du jardinAm que voiE7ci.
C’était la zone et tout ce qui s’en suit

AmDes mazuGres, des taudisC insoGlites G7

CDes ruines pas romaiFnes pour un E7sou

AmQuant à la faune habiFtant là-desE7sous

AmC’était laG fine Cfleur, c’était l’éFli__E7i__Amte.

La fine fleur l’élite du pavé
Des besogneux, des gueux, des réprouvés
Des mendiants rivalisant de tares
Des chevaux de retour, des propres à rien
Ainsi qu’un croque-notes, un musicien
Une épave accrochée à sa guitare

Adoptée par ce beau monde attendri.
Une petite fée avait fleuri
Au milieu de toute cette bassesse.
Comme on l’avait trouvée près du ruisseau
Abandonnée en un somptueux berceau
À tout hasard on l’appelait princesse

Or un soir, Dieu du ciel, protégez-nous
La voilà qui monte sur les genoux
Du croque-notes et doucement soupire
En rougissant quand même un petit peu
– C’est toi que j’aime et si tu veux tu peux
M’embrasser sur la bouche et même pire

-Tout doux princesse arrête un peu ton tir
J’ai pas tellement l’étoffe du satyre
Tu as 13 ans j’en ai 30 qui sonnent
Grosse différence mais je ne suis pas chaud
Pour tâter la paille humide du cachot.
– Mais croque-notes j’dirai rien à personne

N’insiste pas fait-il d’un ton railleur
D’abord tu n’es pas mon genre et d’ailleurs
Mon cœur est déjà pris par une grande
Alors princesse est partie en courant
Alors princesse est partie en pleurant
Chagrine qu’on ait boudé son offrande

Y a pas eu détournement de mineure
Le croque-notes au matin de bonheur
À l’anglaise a filé dans la charrette
Des chiffonniers en grattant sa guitare
Passant par là quelques 20 ans plus tard
Il a le sentiment qu’il le regrette.

Pour me Rendre à mon Bureau

BmPour me rendre à mon bureau, j’avais F#acheté une auto

Une joF#7lie traction avant qui fiBmlait comme le vent.

C’était en Juillet 39, je me F#gonflais comme un boeuf

Dans ma F#7fierté de bourgeois d’avoir Bmune voiture à moi.

Mais vint Emseptembre, et je pars pour la Bmguerre.

Huit mois plus F#tard, en reveBmnant:

RéquisiEmtion de ma onze chevaux léBmgère

« Nein verboGten » provisoireF#ment.

Pour me rendre à mon bureau alors j’achète une moto
Un joli vélomoteur faisant du quarante à l’heure.
A cheval sur mon teuf-teuf je me gonflais comme un boeuf
Dans ma fierté de bourgeois de rentrer si vite chez moi.
Elle ne consommait presque pas d’essence
Mais presque pas, c’est encore trop.
Voilà qu’on me retire ma licence
J’ai dû revendre ma moto.

Pour me rendre à mon bureau alors j’achète un vélo
Un très joli tout nickelé avec une chaîne et deux clefs.
Monté sur des pneus tous neufs je me gonflais comme un boeuf
Dans ma fierté de bourgeois d’avoir un vélo à moi.
J’en ai eu coup sur coup une douzaine
On me les volait périodiquement.
Comme chacun d’eux valait le prix d’une Citroën
Je fus ruiné très rapidement.

Pour me rendre à mon bureau alors j’ai pris le métro
Ça ne coûte pas très cher et il y fait chaud l’hiver.
Alma, Iéna et Marboeuf je me gonflais comme un boeuf
Dans ma fierté de bourgeois de rentrer si vite chez moi.
Hélas par économie de lumière
On a fermé bien des stations.
Et puis ce fut, ce fut la ligne tout entière
Qu’on supprima sans rémission.

Pour me rendre à mon bureau j’ai mis deux bons godillots
Et j’ai fait quatre fois par jour le trajet à pied aller-retour
.
Les Tuileries, le Pont Neuf je me gonflais comme un boeuf,
Fier de souffrir de mes corps pour un si joli décor.
Hélas, bientôt, je n’aurai plus de godasses,
Le cordonnier ne ressemelle plus.
Mais en homme prudent et perspicace
Pour l’avenir j’ai tout prévu.

Je vais apprendre demain à me tenir sur les mains
J’irai pas très vite bien sûr mais je n’userai plus de chaussures.
Je verrai le monde de bas en haut c’est peut-être plus rigolo.
Je n’y perdrai rien par surcroît:
Il est pas drôle à l’endroit.

Oncle Archibald

Jarana :
D 6/5/5/7 – G 7/7/5/7+2/3/2/0 – A7 4/5/4/0 – D7 6/5/5/5 – F# 6/6/4/6 – Bm 6/7/5/7

DÔ vous, les arracheurs de dents,
Tous les cafards, les charlatans,

Les proGphA7è__Dtes

D7Comptez plus Gsur oncle Archibald,

Pour payer F#les violons du Bmbal,

A vos Gfê__A7ê___Dtes, à vos Emfê__A7ê___Dtes

En courant sus à un voleur,
Qui venait de lui chiper l’heure,
A sa montre

Oncle Archibald, coquin de sort !
Fit, de Sa Majesté la Mort,
La rencontre, la rencontre

Telle une femme de petite vertu,
Elle arpentait le trottoir du,
Cimetière

Aguichant les hommes en troussant,
Un peu plus haut qu’il n’est décent,
Son suaire, son suaire

Oncle Archibald, d’un ton gouailleur,
Lui dit : « Va-t’en faire pendre ailleurs,
Ton squelette

Fi ! des femelles décharnées !
Vive les belles un tantinet,
Rondelettes ! Rondelettes ! »

Lors, montant sur ses grands chevaux,
La Mort brandit la longue faux,
D’agronome

Qu’elle serrait dans son linceul,
Et faucha d’un seul coup, d’un seul,
Le bonhomme, le bonhomme

Comme il n’avait pas l’air content,
Elle lui dit : « Ça fait longtemps,
Que je t’aime

Et notre hymen à tous les deux,
Etait prévu depuis le jour de,
Ton baptême, ton baptême

« Si tu te couches dans mes bras,
Alors la vie te semblera,
Plus facile

Tu y seras hors de portée,
Des chiens, des loups, des hommes et des,
Imbéciles, imbéciles

« Nul n’y contestera tes droits,
Tu pourras crier « Vive le roi ! »
Sans intrigue

Si l’envie te prend de changer,
Tu pourras crier sans danger
« Vive la Ligue ! Vive la Ligue ! »

« Ton temps de dupe est révolu,
Personne ne se paiera plus
Sur ta bête

Les « Plaît-il, maître ? » n’auront plus cours,
Plus jamais tu n’auras à cour-
ber la tête -ber la tête »

Et mon oncle emboîta le pas,
De la belle, qui ne semblait pas,
Si féroce

Et les voilà, bras d’ssus, bras d’ssous,
Les voilà partis je n’sais où,
Faire leurs noces, faire leurs noces

O vous, les arracheurs de dents,
Tous les cafards, les charlatans,
Les prophètes

Comptez plus sur oncle Archibald,
Pour payer les violons du bal,
A vos fêtes, à vos fêtes

Les Oiseaux de Passage

Ô vie heureuse Dmdes bourgeois ! Qu’avril bourCgeonne

Ou que décembre Bbgèle, Ils sont fiers et conA7tents

Ce pigeon est aimé trois jours par sa pigeonne ;
Ça lui suffit, il sait que l’amour n’a qu’un temps

Ce dindon a toujours béni sa destinée.
Et quand vient le moment de mourir il faut voir
Cette jeune oie en pleurs : « C’est là que je suis née,
Je meurs près de ma mère et j’ai fait mon devoir. »

Elle a fait son devoir c’est à dire que oncques
Elle n’eut de souhait impossible, elle n’eut
Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque
L’emportant sans rameur sur un fleuve inconnu.

Et tous sont ainsi faits, vivre la même vie
Toujours pour ces gens là cela n’est point hideux.
Ce canard n’a qu’un bec et n’eut jamais envie
Ou de n’en plus avoir ou bien d’en avoir deux.

Ils n’ont aucun besoin de baiser sur les lèvres
Et, loin des songes vains, loin des soucis cuisants,
Possèdent pour tout coeur un viscère sans fièvre,
Un coucou régulier et garanti dix ans !

Ô les gens bienheureux !… Tout à coup, dans l’espace,
Si haut qu’il semble aller lentement, un grand vol
En forme de triangle arrive, plane et passe.
Où vont-ils ? Qui sont-ils ? Comme ils sont loin du sol !

Regardez les passer! Eux ce sont les sauvages,
Ils vont où leur désir le veut : par dessus monts
Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages.
L’air qu’ils boivent ferait éclater vos poumons.

Regardez-les ! Avant d’atteindre sa chimère,
Plus d’un, l’aile rompue et du sang plein les yeux,
Mourra. Ces pauvres gens ont aussi femme et mère
Et savent les aimer aussi bien que vous, mieux.

Pour choyer cette femme et nourrir cette mère,
Ils pouvaient devenir volailles comme vous.
Mais ils sont avant tout des fils de la chimère,
Des assoiffés d’azur, des poètes, des fous.

Regardez-les, vieux coq, jeune oie édifiante !
Rien de vous ne pourra monter aussi haut qu’eux.
Et le peu qui viendra d’eux à vous, c’est leur fiente.
Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux.

La Marine

DmOn les r’trouve en raccourCci,

Dans nos p’Bbtites aAmours d’un Dmjour

Toutes les Dmjoies, tous les souCcis,

Des aBbmours qui Adurent touDmjours

C’est là l’D7sort de la maGmrine,

Et de C7toutes nos p’tites chéFries

On acDmcoste, Vite un Gmbec,

Bb(7)Pour nos baisers, l’corps aA(7)vec

Et les joies et les bouderies,
Les fâcheries, les bons retours
Il y a tout, en raccourci,
Des grandes amours dans nos p’tits
On a ri, on s’est baisés,
Sur les neunoeils, les nénés
Dans les ch’veux à plein bécots,
Pondus comme des oeufs tout chauds

Tout c’qu’on fait dans un seul jour !
Et comme on allonge le temps !
Plus d’trois fois, dans un seul jour,
Content, pas content, content
Y a dans la chambre une odeur,
D’amour tendre et de goudron
Ça vous met la joie au cœur,
La peine aussi, et c’est bon

On n’est pas là pour causer,
Mais on pense, même dans l’amour
On pense que d’main il fera jour,
Et qu’c’est une calamité
C’est là l’sort de la marine,
Et de toutes nos p’tites chéries
On accoste. Mais on devine,
Qu’ça n’sera pas le paradis

On aura beau s’dépêcher,
Faire, bon Dieu ! la pige au temps
Et l’bourrer de tous nos péchés,
Ça n’sera pas ça ; et pourtant
Toutes les joies, tous les soucis,
Des amours qui durent toujours !
On les r’trouve en raccourci,
Dans nos p’tits amours d’un jour…

Les Lilas

Jarana :
D 6/5/5/7 – Bm7 2/2/2/2 – E7 4/4/5/4 – A7 4/3/4/0 – B7 3/2/2/2 – G 2/3/2/0

DQuand je vais chez la fleuriste,

Je Bm7n’achète que des liE7lasA7

Quand je Dvais chez la fleuriste,

Je B7n’achète que des liEmlas

Si ma A7chanson chante Dtriste,

C’est Gque l’amour A7n’est plus D

Comme j’étais, en quelque sorte,
Amoureux de ces fleurs-là [bis]
Je suis entré par la porte,
Par la porte des Lilas

Des lilas, y’en avait guère,
Des lilas, y’en avait pas [bis]
Z’étaient tous morts à la guerre,
Passés de vie à trépas

J’suis tombé sur une belle,
Qui fleurissait un peu là [bis]
J’ai voulu greffer sur elle,
Mon amour pour les lilas

J’ai marqué d’une croix blanche,
Le jour où l’on s’envola [bis]
Accrochés à une branche,
Une branche de lilas

Pauvre amour, tiens bon la barre,
Le temps va passer par là [bis]
Et le temps est un barbare,
Dans le genre d’Attila

Aux cœurs où son cheval passe,
L’amour ne repousse pas [bis]
Aux quatre coins de l’espace,
Il fait le désert sous ses pas

Alors, nos amours sont mortes,
Envolées dans l’au-delà [bis]
Laissant la clé sous la porte,
Sous la porte des Lilas

La fauvette des dimanches,
Celle qui me donnait le la [bis]
S’est perchée sur d’autres branches,
D’autres branches de lilas

Quand je vais chez la fleuriste,
Je n’achète que des lilas [bis]
Si ma chanson chante triste,
C’est que l’amour n’est plus là

La Piña

DCuando me voy al tienguis,

No Bm7compro mas que piE7ña

A7Cuando Dme voy al tienguis,

No B7compro mas que piE7ña

Si mi A7cancion canta Dtriste,

Es Gque el amorA7 ya no esDta

Como fue mas o menos
Enamorado de este fruta (bis)
He entrado por la puerta,
La puerta de la piña

De piña no habia mucho,
De piña no habia, (bis)
Habian muerto en la guerra,
Perdieron la vida

He encontrado una bella
Floreciendo por alla (bis)
Quise injertar sobre ella,
Mi amor por la piña

Marque con piedra blanca,
El dia en que echamos a volar (bis)
Agarrados a una hoja,
Una hoja de piña

Pobre amor aguanta,
El tiempo pasara por alla (bis)
Y el tiempo es un barbaro,
Del estilo de Attila

El amor no vuelve a brotar,
A los corazones que cruza (bis)
Por los rincones del mundo,
Sus pasos queman la tierra

(Pues) nuestros amores han muerto,
Se fueron a Xibalba (bis)
Dejando la llave bajo
La puerta de la piña

La ave del domingo,
Ella que me daba el La (bis)
Se poso sobre otra,
Otra hoja de piña

Cuando me voy al tienguis,
No compro mas que piña (bis)
Si mi cancion canta triste,
Es que el amor ya no esta

La Légende de la Nonne

tabs.ultimate-guitar.com/tab/1827668

AVenez, vous dont l’œil étinDcelAle

Pour entendre une histE7oire enAcore

ApproAchez: je vous dirai celle

De DoA7ña Padilla del DFlor

Elle était E7d’Alanje, où s’enAtassent

Les colE7lines et les halF#m7liers

BmEnfants, voici E7des bœufs qui Apassent

F#m7Cachez vos Bmrouges E7tabliAers

Il est des filles à Grenade
Il en est à Séville aussi
Qui, pour la moindre sérénade
A l’amour demandent merci
Il en est que parfois embrassent
Le soir, de hardis cavaliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

Ce n’est pas sur ce ton frivole
Qu’il faut parler de Padilla
Car jamais prunelle espagnole
D’un feu plus chaste ne brilla
Elle fuyait ceux qui pourchassent
Les filles sous les peupliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

Elle prit le voile à Tolède
Au grand soupir des gens du lieu
Comme si, quand on n’est pas laide
On avait droit d’épouser Dieu
Peu s’en fallut que ne pleurassent
Les soudards et les écoliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

Or, la belle à peine cloîtrée
Amour en son cœur s’installa
Un fier brigand de la contrée
Vint alors et dit : « Me voilà! »
Quelquefois les brigands surpassent
En audace les chevaliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

Il était laid : les traits austères
La main plus rude que le gant
Mais l’amour a bien des mystères
Et la nonne aima le brigand
On voit des biches qui remplacent
Leurs beaux cerfs par des sangliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

La nonne osa, dit la chronique
Au brigand par l’enfer conduit
Aux pieds de Sainte Véronique
Donner un rendez-vous la nuit
A l’heure où les corbeaux croassent
Volant dans l’ombre par milliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

Or quand, dans la nef descendue
La nonne appela le bandit
Au lieu de la voix attendue
C’est la foudre qui répondit
Dieu voulut que ses coups frappassent
Les amants par Satan liés
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

Cette histoire de la novice
Saint Ildefonse, abbé, voulut
Qu’afin de préserver du vice
Les vierges qui font leur salut
Les prieurs la racontassent
Dans tous les couvents réguliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers